Quand je suis devenue mère, quand un petit être a commencé à grandir au creux de mon ventre, j’ai découvert tout un monde de doutes, d’incertitudes et d’angoisses.

Parmi toutes ces angoisses, il y avait la peur d’accoucher trop tôt, d’un bébé trop petit, qui aurait dû lutter pour survivre et grandir.

J’ai eu la chance de ne pas connaitre personnellement la prématurité, mes deux fils étant nés après le terme. Mais autour de moi, j’ai entendu les témoignages de mamans qui, elles, ont connu cela, et c’est aussi ce qui m’a poussé à participer à l’opération de collecte de bodys WeLovePrema2.

Une maman que je ne connais pas personnellement, mais dont j’aime lire les écrits de son blog reggiotwins.wordpress.com, a écrit un très beau billet sur la naissance de ses jumeaux. Je vous en livre ici quelques extraits, et je vous invite à le lire en entier, sur son blog.


Il a de toutes petites mains. Un peu crochues. Les yeux, le nez, les oreilles paraissent immenses sur un corps si petit. Il n’est que lignes droites et angles. Il n’a aucune courbe, aucune rondeur. Il est blanc cacahuète. Presque transparent. Je pourrais rester des heures assise, là, à l’observer.
Je pose ma main gantée de bleue sur son thorax. Je sens les capteurs et sa cage thoracique qui s’élève. Il est si petit que tout son corps bouge en respirant. J’ai lu qu’il ne fallait pas les caresser. Leur peau est trop sensible. Alors je pose ma main entière. Elle doit lui sembler lourde. Ca l’endort.
Je le regarde. Son prénom signifie « don du Seigneur ». Né en second. Né après 3 semaines de retard de croissance in utero. Né affamé par 3 semaines de manque à cause du STT. Je lui souffle doucement au creux de la couveuse, que mon lait arrive. Je lui dis qu’il est né avec un reste de poche sur la tête. Et que ça porte bonheur. Qu’il ne s’inquiète pas. Qu’on est là, avec son papa.
Il n’a pas grand chose d’un bébé. Mais il est mon bébé. Il est mon fils.

[…]

Je pousse mon fauteuil roulant à travers les couloirs de Necker. Il y a pas grand monde à cette heure là. Changement de monde. Bienvenue en réanimation pédiatrique.
Il fait sombre. Dans la pièce, comme dans le coeur. La chambre est plongée dans le noir. Mais les machines clignotent comme un sapin de Noël. Il fait glacial. Les trois couveuses tournent à plein régime. 3 enfants, nés le même jour, à quelques minutes près. Tous jumeaux, tous prématurés. Tous en train de lutter pour survivre.

Il est mon premier cri. Mon premier enfant. Celui que j’ai attendu pendant plus de 10 ans. Son prénom est Damia, la déesse de la fécondité. Il est plus rond, plus rouge, plus gros. Trop même. Il est le Receveur. Celui qui a pris et qui en paie le prix. Demain ils vont le saigner. Mais ça je ne le sais pas encore. Pour le moment, j’essaie juste de le voir. Il a des capteurs partout. Un immense tube dans le nez. Il a les yeux grands ouverts mais le regard vague. Il est drogué contre la douleur. Ses petits cheveux sur la tête forment une douce crinière. J’essaie de trouver un peu de peau libre pour lui poser ma main. Il attrape mon doigt et on fait un pacte. Il ressortira de cette chambre par la grande porte. Il ira rejoindre son frère en soins intensifs.
Quelques jours plus tard, la Mort rentrera à son tour dans cette même chambre et choisira la couveuse à côté de lui. Merci d’avoir épargné mon bébé. Mon fils.

 […]

Nous avons, de notre propre gré, oublié les douleurs. Nous n’avons gardé que nos sourires. Notre joie. Leurs petits visages emmitouflés dans les couvertures, dans les cosys trop grands pour eux. Leurs premiers pyjamas tout doux, et deux fois trop grands. Nos mains, enfin dégantées de bleu.
La colère est devenue énergie. Mais elle n’est jamais complètement partie. Je ne souhaite à personne de vivre ça. Mais ça a été le prix à payer pour devenir les parents que nous sommes, encore aujourd’hui. Soudés. Fiers. Et solides.

[…]


Si vous voulez aider ces bébés prématurés et leur famille qui lutte avec eux, vous pouvez nous offrir un (ou plusieurs !) body, que nous customiserons et donnerons à l’association sos prema, qui se chargera de les distribuer.

Vous pouvez aussi relayer cette opération sur vos réseaux sociaux préférés, pour la faire connaitre au plus grand monde.

Un => concours <= est également disponible sur ce blog pour vous remercier pour vos partages !

Merci encore à Reggio et twins pour ce beau texte 🙂

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