La fatigue…

Quand je suis tombée enceinte de Petit Prince, les copains qui avaient déjà un ou plusieurs enfants, les copains qui savaient, me l’ont bien dit : dors, repose toi, profite de ton sommeil !
Évidemment, j’ai fait tout le contraire, veillant jusque tard à errer dans des mondes virtuels ou à tchater avec les copains, snobbant la sieste, je ne me sentais pas fatiguée, alors pourquoi dormir !

Et puis, Petit Prince est arrivé. Et les nuits en pointillés aussi.
Au début, à trois dans notre chambre, j’ai commencé à me réveiller des qu’il faisait un bruit, une sorte d’instinct de maman que je ne pensais pas avoir, un sixième sens qui me faisait ouvrir les yeux grands, au taquet, à écouter dans le noir s’il se réveillait, s’il allait avoir faim et besoin d’être changé.
Et puis, avec le passage dans sa chambre, Petit Prince à fait ses nuits.
Enfin, j’allais pouvoir dormir… de 1h à 6h, quelle victoire !
J’ai recommencé tout doucement à m’habituer à dormir d’une traite, sans me lever 5 fois dans la nuit…

Et puis, il y a eu les épisodes de maladie, pauvres petits rhumes et autres bobos, qui le réveillaient à nouveau, et moi aussi.
Les vomis à nettoyer en pleine nuit, les draps à changer, les lessives à lancer l’enfant à laver puis rendormir.
L’alternance papa/maman pour essayer de dormir pendant que l’autre veillait.
Et il y a eu à nouveau le biberon de la nuit, celui que le pédiatre nous a dit de supprimer. Et les pleurs de Petit Prince quand je lui ai refuse le biberon.
Il y a eu les peurs nocturnes, puis, le nouveau lit trop grand, sans barreau, dans lequel il ne voulait pas dormir, les nuits ou il tambourinait à sa porte, à vouloir nous rejoindre, pour finalement s’endormir dans son fauteuil.
J’ai repris le boulot fatiguée, et chaque nuit complète était un cadeau, et chaque nuit ou il se réveillait était de plus en plus dure…

La fatigue…

Et puis, petit à petit, les réveils se sont fait plus rares, les rendormissements plus faciles.
J’ai été moins fatiguée.

Et puis, je suis tombée enceinte de bébé Koala.
J’ai bien essayé de me reposer, mais mon corps, ma tête ne voulaient pas dormir, j’ai recommencé à écouter les bruits de la maison, à me réveiller à chaque chat qui miaulait ou chaque train qui passait…
Et bébé Koala est arrivé, et la ronde des nuits en pointillés a recommencé.

Des nuits à se lever pour le nourrir
Des nuits à se lever pour le soigner
Des nuits à se lever pour le consoler
Des nuits à se lever pour le bercer, lui raconter des histoires, lui chanter des chansons, lui montrer la maison qui dort, chercher 1001 techniques pour le rendormir.
Des nuits à pester un peu de son refus de tétine et son désintérêt pour les doudous
Des nuits à pousser papa Panda du coude, a lui demander d’y aller, que c’est son tour

Avec la chance de pouvoir faire des siestes, encore trop rares, bien sur, mais salvatrices pour récupérer, pour ne pas laisser la fatigue me mettre en colère, pour que, la nuit, quand je suis extirpée de mon sommeil par un bébé Koala à consoler, j’arrive à le faire avec bienveillance et patience, et que le jour, je puisse aller travailler correctement, en ayant les idées claires.

J’avoue, j’ai hâte, hâte du jour ou il sera assez grand pour se rendormir seul, sans pleurs, ou il retournera dans son lit, prendra une peluche, un livre ou une petite voiture, jouera un peu et se rendormira.
J’ai hâte, et en même temps, je sais que ce sera une période de passée, que sa petite enfance sera finie, qu’il sera grand, plus un bébé mais un garçon.


Sur ce, je vous laisse, il est 2h du matin, je m’en retourne écouter bébé Koala jouer dans son lit.
Vivement ce midi que je rentrer troquer mon repas contre une heure de sieste…

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