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Voilà, c’est le moment.

 

J’ouvre mon navigateur web, j’ai un doute.

J’envoie un sms à ma copine : « c’est ou, déjà ? »

La réponse tant attendue arrive, j’ouvre le site, je cherche…

Non, rien ne me plait vraiment, va falloir que j’aille voir en magasin…

 

Arrivée au magasin, je file dans le rayon, j’y suis…

Bien, sortons ma liste…

Alors, bic bleu, ça, ça va être facile, roule ma poule, hop hop hop dans 10 minutes je suis sortie.

Oh, comment ça ils proposent 25 références de stylos à bille bleus ?!? Heu, je prends quoi moi… Soyons méthodique, lequel est le mieux, celui qui promet « une glisse parfaite » ou celui-ci, avec le logo sympa ? Ah ben tiens, celui-ci, avec une forme ergonomique spécialement adaptée à l’apprentissage de l’écriture.

Hop, ça, c’est fait. Coup d’œil à la montre, ok, 10 minutes pour trouver le bic, je ne suis pas sortie de l’auberge…

Un bic vert. Je vais prendre le même que le bleu, mais en vert, facile. Ah ben non, ils ne font que bleu, tu n’as pas le droit d’avoir un stylo ergonomique en vert, tant pis pour toi…

Ok, je vais prendre le premier vert à l’unité que je trouve, parce que bon, à ce rythme-là j’ai pas fini.

Comment ça ils ne vendent pas de verts à l’unité ? Ok, je prends un paquet avec les quatre couleurs.

Oui, mais, du coup, je prends quand même le bleu ergonomique ? Oui, les crayons qui ne seront pas utilisés iront rejoindre leurs frères qui prennent la poussière dans mon pot à crayons.

Et si je prenais à la place un quatre couleurs ? Non, la maîtresse n’a pas demandé un quatre couleurs, il doit y avoir une raison, je ne voudrais pas qu’il se fasse remarquer dès la rentrée pour une sombre histoire de non-respect de liste.

Tiens, à côté des bics, c’est les crayons de bois, il faut des crayons de bois, rahh, suis la liste ma fille, sinon tu es fichue, tu vas oublier des trucs, c’est certain !

Donc, de la colle. Petit tube ou gros tube ? Alé, je prend des gros, il pourra en mettre plein. Il faut trois tubes, évidemment, pas de conditionnement par trois, sinon ce serait trop simple. Donc deux paquets de deux, et le tube en trop rejoindra les bics en rab.

Ca y est, je commence à avoir faim…

Une règle, 20 centimètres, non métallique non flexible. Dommage, il y avait une trente centimètres trop jolie… Et pourquoi demander une vingt centimètres pour cette année quand dans deux ans ils demandent une trente ? J’en ferai quoi de la vingt centimètres dans deux ans ? Ou alors elle sera cassée, programmée qu’elle était pour ne durer qu’une année scolaire ?

Bon, alors, non flexible, je vais devoir les essayer pour vérifier qu’elles ne plient pas. Ok, celle-là, parfait.

Une gomme maintenant. Ok, rose, blanche, bleue ? Toute simple, avec le petit carton autour, ou avec l’espèce de coque de protection qu’on dirait un escargot ? Une grosse ou une petite ? Alé, une grosse, avec son petit carton, ça ira.

Taille crayon. La mode semble être au taille crayon en forme de bonhomme qui semble manger ton crayon quand tu le tailles… On n’arrête pas le progrès dites-moi… Alors, un trou ou deux trous ? Je relis ma feuille : « avec réservoir »… Me voilà avancée… Ce sera donc celui-là, pas trop compliqué ni trop gadget, parfait

Crayons de couleurs. Je navigue dans un océan de couleurs et d’emballages me promettant des dessins tous plus beaux les uns que les autres. Des couleurs fluos, facile à tailler, résistants… Je prends un paquet de crayons sans bois, je me demande ce que je vais manger ce soir

Ardoise, chiffon, deux feutres à tableau blancs fins type weleda.

Petit Prince a t’il ramené son ardoise de l’année dernière ? Moment de doute… Tant pis, j’en reprends une, avec sa petite brosse et un feutre bleu, plus qu’à racheter un deuxième feutre… Bien sûr, ils n’en vendent pas à l’unité, ça aurait été trop facile. Encore un feutre à stocker.

Trousses, ok, celle de l’année dernière peut encore servir, il en faut une deuxième. J’ai vu sur le prospectus qu’ils vendaient des trousses Pokémon, je vais prendre celle-là.

Ok, je ne trouve pas la trousse Pokémon, je refais une deuxième fois le tour du rayon trousses et vérifie une par une parmi la cinquantaine de références présentes. Pas de fucking trousse Pokémon.

Je cherche un plan B.

Je refais une quatrième fois le tour de ce rayon, je sens que ça commence à m’énerver, je prends une trousse, il y a du rouge dessus, ça lui plaira.

Revenons à nos moutons.

Plastique pour recouvrir les livres non autocollant. J’avise le premier rouleau que je croise, non autocollant, parfait, j’y crois, je suis sur une bonne lancée, tu vas voir comment je vais te finir ça vite vite maintenant.

Porte vues 200 vues personnalisable. Ah, ça, j’ai déjà cherché le même l’année dernière, je sais ce que c’est. 80 vues, 100 vues, non personnalisables… Ah, trouvé, tout en transparence, parfait.

Deux pochettes en polypropylène avec rabat 24*32. Ok, j’y crois, je vais trouver.

Mais elles sont ou ces pochettes ?? Elle est ou la logique de ce rayon ??? Je repasse devant les bics, les ardoises, les portes vues. Je trouve enfin les pochettes rangées tout en bas, à hauteur de genoux. Normal quoi… En papier, non, en carton, non, ah ! en plastique à pas cher qui risque de s’abimer de suite, non, tiens, celles-là, pas mal, mais en quelle couleur ? Alé, je prends rouge, Petit Prince aime le rouge.

Etiquettes pour marquer les livres, facile, c’est à côté, je prends le premier paquet qui vient, de toute façon ils se ressemblent tous.

Ce soir, je crois que ça va être pizza…

Je cheke ma liste, j’approche de la fin.

Un paquet de 200 plastifiches.

Un paquet de 200 plas-ti-fi-cheuhs

Dans ma tête, c’est le néant, je ne sais pas ce que je dois chercher.

Google est mon ami

Google me renvoie vers des sites qui n’ont rien à voir, et me montre des classeurs ou des porte-vues. Super

Je textote fébrilement mes copines qui remplissent les critères maman+enfants en âge d’aller à l’école. Elles me répondent dans la foulée, mais aucune ne sait vraiment, et une me nargue en me parlant de ses vacances… Moi aussi je glanderai bien au bord d’une piscine, c’est pile l’heure de l’apéro en plus…

Revenons à nos moutons, je scrute le nom de chaque article, mais rien. J’avise une vendeuse, qui ne sait pas non plus, mais cherche réellement avec moi et appelle quand même une autre de ses collègues qui ne sait pas non plus. Je sens le désespoir m’envahir. A moins que ce ne soit la faim, je ne sais plus.

Tant que j’y suis, je demande à la gentille vendeuse si par hasard elle aurait planqué les trousses pokémon quelque part, dans un endroit que seuls les initiés connaitraient. Je la suis dans le rayon trousse pendant qu’elle inspecte chaque trousse (le truc que j’ai déjà fait il y a une demie heure, mais bon, qui sait, peut-être qu’elle, elle SAIT). Elle ne sait pas, elle appelle sa collègue qui dit qu’il n’y en a plus. Je dis merci, et comme je suis maso, je refais un tour dans le rayon, au cas où il y en aurait une cachée quelque part. Je n’en trouve évidemment pas, mais du coup, je trouve que la trousse que j’ai choisie au début n’était quand même pas top. Je change contre une autre trousse, sans grande conviction non plus, mais ça ira.

Je demande à une maman qui erre elle aussi dans le rayon, avec ses deux enfants qui piaillent pour avoir toute la collection de fournitures Mignon, elle me regarde d’un air las, elle ne sait pas.

Je suis fatiguée

Et j’ai pas trouvé de plastifiches. Dans un éclair de génie ou de désespoir, j’envoie un sms à la maman d’un copain d’école de Petit Prince.

Je passe au rayon café frappé et glaces, j’achète de quoi ne pas mourir d’hypoglycémie (c’te bonne blague), je vais à la caisse, je fais un sourire au caissier, il doit en voir passer des paquets de stylos, de pochettes de crayons de couleurs et de parents en ce moment.

Je sors du magasin, mon téléphone vibre.

Moi aussi je me suis posée la question l’année dernière, en fait, ce sont des pochettes plastifiées perforées, pour mettre dans un classeur.

Pourquoi faire simple quand on peut faire compliqué ?

Je rentre, je suis une pile, je déballe mes achats, je checke, j’étiquette tout, je range, je raconte mes aventures à un PapaPanda dubitatif.

Je renseigne 28 fois le nom et le prénom de Petit Prince sur les étiquettes à destination des livres. Pas sûre qu’il en fallait 28, c’est juste écrit « étiquettes ».

J’ai oublié d’acheter le paquet de 200 serviettes en papier. Et je n’ai toujours pas ces 200 plastifiches…

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